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Pourquoi les mauvaises nouvelles gagnent presque toujours

Personne écoutant la radio dans un studio Radio Good News, entourée d'informations et de musique
Le studio, en fin de journée. Dehors le monde fait du bruit ; ici, on trie.

Et pourquoi écouter de bonnes nouvelles n'est pas fermer les yeux sur le monde.

Une guerre.
Une catastrophe.
Une crise politique.
Un crime.
Une entreprise qui s'effondre.

Puis, quelque part entre deux alertes, quelqu'un plante une forêt, invente un traitement, sauve une espèce, ouvre une école, aide un inconnu ou trouve simplement une façon un peu plus intelligente de faire fonctionner les choses.

Devinez ce qui fera la une.

Ce n'est pas seulement la faute des médias.
C'est aussi la nôtre.
Ou, plus exactement, celle de notre cerveau.

Notre cerveau adore ce qui menace

Les psychologues parlent depuis longtemps de biais de négativité : nous avons tendance à accorder davantage d'attention aux informations négatives qu'aux informations positives.

D'un point de vue évolutif, ce n'est pas complètement absurde.

Pour nos ancêtres, ne pas remarquer une jolie fleur n'avait probablement pas beaucoup de conséquences.
Ne pas remarquer un prédateur derrière un buisson pouvait en avoir davantage.

Quelques centaines de milliers d'années plus tard, notre système d'alarme fonctionne toujours remarquablement bien.
Sauf que le tigre derrière le buisson a été remplacé par une notification.

Une étude publiée dans Nature Human Behaviour a analysé plus de 105 000 titres et 370 millions d'impressions. Les chercheurs ont montré qu'un seul mot négatif supplémentaire dans un titre augmentait en moyenne son taux de clic. À l'inverse, les mots positifs réduisaient légèrement la probabilité de cliquer.

Autrement dit : le négatif attire.
Et Internet l'a parfaitement compris.

Les algorithmes n'ont pas inventé notre peur. Ils ont appris à la monétiser.

Une autre étude, publiée en 2024 dans Scientific Reports, a analysé plus de 95 000 articles et des centaines de millions de publications sur les réseaux sociaux.

Résultat : les internautes étaient 1,91 fois plus susceptibles de partager un article négatif qu'un article positif.

Ce mécanisme crée une étrange machine.

Nous cliquons davantage sur ce qui nous inquiète.
Les plateformes détectent que nous cliquons davantage.
Elles nous montrent davantage de contenus inquiétants.
Nous concluons alors que le monde est essentiellement constitué de choses inquiétantes.
Et nous continuons à faire défiler.

Bienvenue dans le doomscrolling.

Une étude menée aux États-Unis et en Iran a notamment trouvé une association entre cette consommation répétée de contenus négatifs et une augmentation de l'anxiété existentielle ainsi qu'une vision plus pessimiste de l'humanité.

Le problème n'est donc pas de s'informer.
Le problème est de confondre ce qui attire notre attention avec ce qui représente fidèlement le monde.

Les bonnes nouvelles ne sont pas une anesthésie

C'est ici qu'il faut éviter un piège.

Parler de bonnes nouvelles ne signifie pas repeindre la réalité en rose.

Une guerre reste une guerre.
Une injustice reste une injustice.
Une catastrophe mérite d'être racontée.

Mais raconter uniquement les catastrophes produit une image aussi déformée du monde que prétendre qu'elles n'existent pas.

Le véritable enjeu n'est peut-être pas le journalisme positif.
C'est le journalisme complet.

Celui qui raconte les problèmes, mais aussi les réponses.
Les échecs, mais aussi les progrès.
Ce qui casse, mais aussi ce que des humains essaient de réparer.

Des travaux sur le constructive journalism ou le solutions journalism montrent justement qu'une information orientée vers les solutions peut produire davantage d'émotions positives et augmenter l'envie d'agir, sans être considérée comme moins sérieuse ou moins légitime par les lecteurs.

Une étude publiée en 2025 compare également journalisme de solutions et histoires simplement réconfortantes : les deux peuvent générer des réactions positives, mais le journalisme de solutions conserve l'attention portée aux problèmes structurels.

Voilà une distinction importante.

Nous n'avons pas besoin d'un monde imaginaire.
Nous avons besoin d'un monde regardé sous un angle plus large.

Et si notre régime médiatique ressemblait à notre alimentation ?

Personne ne conseillerait raisonnablement de manger exclusivement du sucre.
Mais personne ne recommanderait non plus un régime composé uniquement de vinaigre.

Pourtant, notre alimentation informationnelle ressemble parfois à cela.

Crises au petit déjeuner.
Catastrophes au déjeuner.
Colère en continu dans l'après-midi.
Effondrement de la civilisation avant de dormir.

Puis nous nous demandons pourquoi l'humanité nous paraît légèrement fatigante.

Choisir parfois une autre information n'est donc pas détourner le regard.
C'est retrouver un peu de perspective.

Voir les problèmes.
Mais voir aussi les gens qui les résolvent.
Voir ce qui disparaît.
Mais également ce qui apparaît.
Voir ce qui nous divise.
Et de temps en temps, tout ce qui continue silencieusement à nous relier.

C'est précisément pour cela que Radio Good News existe

Radio Good News n'a pas été créée pour affirmer que tout va bien.
Ce serait ridicule.

Elle existe parce que tout ce qui va bien mérite également d'être entendu.

Une découverte.
Un geste.
Une idée.
Une chanson.
Quelqu'un qui aide quelqu'un.
Une petite victoire quelque part sur Terre.

Rien de spectaculaire, parfois.
Mais quelque chose qui rappelle que l'actualité du monde ne se résume pas à ses catastrophes.

Le monde fait beaucoup de bruit.

Alors, de temps en temps, nous choisissons de diffuser ce qui fait du bien.

Radio Good News.
Humanité réparable. Pas parfaite.


Pour aller plus loin

  1. Robertson, C. E. et al., « Negativity drives online news consumption », Nature Human Behaviour, 2023.
  2. Watson, J. et al., « Negative online news articles are shared more to social media », Scientific Reports, 2024.
  3. Shabahang, R. et al., « Doomscrolling evokes existential anxiety and fosters pessimism about human nature? Evidence from Iran and the United States », Computers in Human Behavior Reports, 2024.
  4. Baden, D., McIntyre, K. & Homberg, F., « The Impact of Constructive News on Affective and Behavioural Responses », Journalism Studies, 2019.
  5. van Antwerpen, N. & Lough, K., « The Effects of Solutions versus ‘Heart-warmer’ Journalism on Audience Wellbeing, Self-Efficacy, and Trust », Media Psychology, 2025.

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